PRATIQUES D’HABITER DES « MAL LOTIS » DANS LES ZONES MARGINALES À RISQUES DANS LA VILLE DE YAOUNDÉ (CAMEROUN) ET CONSÉQUENCES SOCIO-ENVIRONNEMENTALES

ممارسات عيش « المحرومين » في المناطق الهامشية المعرضة للأخطار في مدينة ياوندي ( الكامرون) و الإنعكاسات اللإجتماعية البيئية

PRACTICE OF LIVING IN “UNDERPRIVILEGED” AND OCCUPATION OF MARGINAL RISK AREAS IN THE YAOUNDÉ SITE (CAMEROON): ENVIRONMENTAL AND SOCIAL PROCESS AND CONSEQUENCES

Hervé TCHEKOTE, Célestin KAFFO, Etienne Collins KANA

Enseignants-Chercheurs, Département de géographie,

Université de Dschang-Cameroun

Chrétien NGOUANET

Chercheur,

Institut National de Cartographie (INC)

Ministère de la Recherche Scientifique et de l’innovation,Cameroun

Auteur correspondant : herve_tchek@yahoo.fr

Résumé :

            La croissance rapide des villes des pays de l’Afrique subsaharienne a engendré entre autres conséquences, « l’exclusion urbaine », constituée d’une tranche importante de population défavorisée. Cette exclusion entraîne une remarquable mobilité résidentielle vers les zones marginales, constituées essentiellement de fortes pentes et de bas-fonds, autrement appelées zones non aedificandi du fait de leur exposition à divers risques. La mobilité d’une partie importante de la population vers ces zones contraste non seulement avec leur dangerosité, mais aussi remet sur la sellette l’impertinence des textes et outils d’aménagement de l’espace urbain, surtout le laxisme des autorités en charge de la planification et la gestion urbaine. L’objectif de cette contribution est de montrer comment face aux exigences de la « ville de droit » et aux difficultés d’insertion dans les zones aménagées, l’occupation des zones marginales par les populations « mal loties » entraîne des conséquences environnementales et sociales multiples. La méthodologie déployée pour y parvenir convoque les techniques et outils de géographie classique.

Mots clés : Yaoundé, urbanisation, zones marginales à risques, déguerpissement.

Abstract:

The rapid growth of cities of the sub-Saharan African countries have led among other consequences, « urban exclusion » of a significant portion of poor families. This exclusion leads to a remarkable residential mobility into marginal areas, essentially made of steep slopes and lowlands, otherwise called non-aedificandi areas because of their sensitivity to various risks. The mobility of to these areas contrast not only with their dangerosity, but also highlight the impertinence of regulation texts and management tools of urban space tools, especially the laxity of the authorities responsible of the planning and urban. The objective of this paper is to show how face to the demand of the “city of law” and the difficulties of integration in to the developed areas, the occupation of marginal risk areas by poorly endowed populations leads to multiple environmental and social consequences. To attain the objective, classical geography techniques and tools were employed.

Keys words: Yaounde, urbanization, marginal risk areas, eviction.

INTRODUCTION

La ville de Yaoundé, à l’image de nombreuses villes d’Afrique tropicale humide, a connu depuis la seconde moitié du XIXème siècle un croît démographique sans précédent. Cet essor, résultat du phénomène migratoire et plus précisément de l’exode rural fut propice à une dynamique urbaine difficilement contrôlable. Dans cette dynamique, de nombreux ruraux, à la quête du bien-être sont surpris par les effets cumulatifs de la crise économique des années 1985 qu’a connue le Cameroun. Cette crise est venue anéantir les élans de prospérité qu’ont jusqu’ici connus les populations urbaines. A ce malaise économique caractérisé par le chômage, le manque de moyens suffisants pour l’acquisition d’une parcelle viabilisée, la restructuration urbaine engagée par la Communauté Urbaine pour cause d’utilité publique sont venus accentuer l’expulsion des « mal lotis » des centres urbains.

Ces citadins, issus des couches précarisées, déguerpies ou exclues par les exigences de la « ville de droit » et les difficultés d’insertion dans les zones aménagées, mais poussées par la nécessité absolue d’avoir un « chez soi » ont opéré, une certaine mobilité en direction des zones marginales potentiellement à risques. On est là au cœur des pratiques d’habiter (Théry et Brunet., 1993). Si habiter désigne le fait « d’avoir son domicile en un lieu », et loin des débats théoriques autour du concept d’habiter, les stratégies d’accès à la terre dans le but d’avoir son domicile en un lieu participe des pratiques d’habiter en contexte de déguerpissement. Les déguerpis sont très souvent aidés en cela par une spéculation foncière entretenue par les autochtones qui revendiquent les droits séculaires sur les espaces mis en cause.

Les nouvelles zones d’accueil du flux des déguerpis où se sont développés des quartiers marginaux regroupent les terrains inondables et insalubres, les flancs de collines fortement pentus (< à 20 %) potentiellement exposés aux mouvements de terrain. Les bas-fonds (élobi) du fait de la faible profondeur des nappes souterraines, des chenaux d’écoulement des eaux mal calibrés et des sols vaseux enclins aux inondations et les sites collinaires exposés aux aléas, sont des espaces à écologie fragile situés à proximité d’un centre urbain en pleine expansion. Les constructions de fortune investissent ces espaces impropres à l’urbanisation, de manière anarchique, augmentant les aléas naturels et la probabilité de survenue des catastrophes. Les formes d’occupation des terres ainsi que les caractéristiques du milieu physique renforcent la marginalité, transformant ces espaces en un terrain privilégié d’expression des rapports de forces entre l’urbanisme officiel et l’urbanisme populaire[1].

PROBLÉMATIQUE

L’installation d’un habitat spontané sur les versants escarpés et dans les dents creuses du site de Yaoundé constitue, selon Mainet (1986), de véritables « coulées urbaines » révélatrices de la dynamique et de la vigueur actuelle de la croissance urbaine. Ces nouveaux sites sont vulnérables au regard de nombreux risques qu’ils présentent : inondations, tassement des sols, érosion, effondrement, glissement de terrains, éboulement, déplacements lents ou rapides des masses de terres ou de blocs rocheux, etc. Face à la vulnérabilité de ces milieux, les aménageurs publics ont préconisé plutôt des mesures restrictives en termes d’aménagement en les déclarant par ailleurs zones non aedificandi (non constructibles) dans le contexte camerounais et reversées dans le domaine public de l’État. La  « ville de droit » par opposition à la « ville de fait » qui est l’illustration de « bidonvilles modernes » est le produit d’un urbanisme officiel ». Comment cette exigence a-t-elle entraîné une horde de « mal lotis » ?

I.         DÉMARCHE DE RECHERCHE

1. Présentation du cadre physique et humain du site de Yaoundé

            Située entre 3° 45′ de latitude Nord et 11° 35′ de longitude Est, la ville de Yaoundé compte couvre une superficie d’environ 300 km². En effet, il s’agit d’un site collinaire, fait d’interfluves allongés à versants abrupts supplantés par des collines rocheuses à pentes plus ou moins verticales qui se terminent dans des vallées à bas-fonds parfois marécageux. Elle fait face à l’ouest et au sud-ouest à un écran montagneux appelé massif de Yaoundé (Kuété, 1977). Ce massif est « constitué d’unités plus ou moins individualisées dont les plus importantes sont suivant qu’on se rapproche du périmètre urbain : le bastion de Mbam Minkom (1295 m) à l’Ouest, le bloc Okong-Kala (1225 m) sur la pointe Sud, l’arc d’Eloumden-Ngoaékélé (1169 m) au Sud-Ouest, les mornes isolés, plus ou moins intégrés dans le territoire urbanisé (Mbocdum, Akouandodé, Messa, Mbankolo, Febé, Nkolondom) » (Kana et Ngoufo, 2004). Il est parsemé au nord-ouest et à l’ouest, d’énormes rocheux dont les altitudes varient entre 900 et 1300 m faisant partie du massif de Yaoundé.

            En contrebas de ces hauts reliefs se dessinent des bas-fonds (> 700 m) drainés, disposés en doigts de gants (marécageux ou non) dont le substrat est fait de terre noire hydromorphe avec un mélange de sable fin et de matières organiques en décomposition (Kuété, 1977). Ces bas-fonds sont drainés par d’importants cours d’eau à écoulement permanent (fig.1).

Source : Franqueville, 1984.

Figure 1 : Relief et hydrographie de Yaoundé

Du point de vue démographique, la croissance est continue. De 313 706 habitants en 1976, Yaoundé compte environs 2 510 358 d’habitants en 2015 et pourra passer à 2 651 182 à l’horizon 2020 (Minville, 2002 ; Mabou, 2012).

Figure 2 : Évolution de la population de Yaoundé (1976-2015)

Sur le plan spatial, ce développement commandé par la topographie s’est fait en trois étapes (Assongmo, 2002). D’abord l’urbanisation des crêtes, ensuite la progression de l’urbanisation et la saturation des crêtes et enfin, l’urbanisation totale qui englobe ici les zones de fortes pentes et les bas-fonds à risques. À la troisième phase, l’habitat est descendu des versants, et ce, jusqu’aux limites des lits mineurs des cours d’eau, occupant de fait, les marécages. Cette évolution horizontale a entraîné une rapide densification des zones constructibles par le développement d’un habitat spontané, et à l’extension croissante du périmètre urbain pour atteindre les fortes pentes non constructibles (Minville, 2002).

Au regard des faits urbains observés à partir du cas de Messa – Azégue, le milieu physique est subverti et l’urbanisation a construit sa propre topographie. Entre 1980 et 2011, la ville s’est étendue selon Mabou (2012), de 26193 ha, soit une augmentation d’environ 845 ha de terrain par an (fig.3).

 

Figure 2 : Évolution de la croissance spatiale de Yaoundé (1980-2011)

À en croire André Franqueville (1984), c’est sur un site remarquablement différencié que la ville de Yaoundé s’est accrochée et a grandi. Chaque étape la marquant d’une empreinte caractéristique de sa préoccupation première.

2. Collecte des données

L’étude s’appuie sur des enquêtes de terrain, des observations fines et des lectures complémentaires bien ciblées. Les formes d’occupation du sol ont été cartographiées à partir du traitement d’une image LANDSAT de 2001. Ces données ont permis d’obtenir des résultats se rapportant sur les mécanismes de « fabrication » et d’expulsion des « mal lotis » du centre urbain, le processus d’occupation et de mise en valeur des zones potentiellement à risque et les conséquences environnementales et sociales induites.

II.        RÉSULTATS

1. Mécanismes de fabrication et d’expulsion des « mal lotis »

Effets des crises urbaines multiformes et insuffisance des logements sociaux

Les effets des crises multiformes, l’absence d’une politique d’aménagement urbain et surtout d’une politique de logements sociaux pour les couches défavorisées, ont facilité l’occupation des marges par une population, pour la plupart, au départ rurale, devenue citadine par la suite, à la recherche d’« une vie meilleure » mais marginalisée et exclue par les exigences de la « ville de droit ». Faut-il le rappeler, le secteur parapublic en cours de restructuration a payé un lourd tribut social à la crise économique au même titre que le secteur privé dans lequel l’impact de la crise sur l’emploi aura été le plus durement ressenti. Aussi, le pressurage fiscal et l’absence d’une politique rigoureuse d’occupation des sols urbains et la crise de l’État ont favorisé l’exode urbain de nombreux ruraux venus chercher fortune en ville.

Les efforts des pouvoirs publics en vue de promouvoir les logements sociaux sont restés jusque-là très insuffisants. Les expériences des camps SIC (Société Immobilière du Cameroun) des années 1980 de construction de logements sociaux de Mfandena et d’Olembé n’ont pas jusqu’ici comblé les attentes. Destinés à loger les Camerounais moyens, ces camps sont aujourd’hui, de par les conditionnalités contractuelles et le système de corruption généralisé, occupés par des hauts fonctionnaires et commerçants nantis. Les différentes études réalisées font état d’un déficit d’environ 60 000 logements par an. Les « marginaux sociaux » face au mutisme de la ville et surtout des pouvoirs publics d’une réponse positive à leurs attentes, se sont pris en charge en créant des problèmes auxquels les dirigeants n’apportent que des solutions politiques.

Déguerpissements et casses des installations anarchiques

Les multiples opérations de déguerpissement opérées dans le centre-ville de Yaoundé dans le cadre de la politique de ville propre ne sont pas un phénomène nouveau. Ce centre urbain s’est construit de 1915 à 1985 au prix de multiples déguerpissements des populations. A la suite des déguerpissements opérés dans les années 1980, des zones de recasement ont été définies (fig.3).

Source : MINVILLE, (2002)

Figure 3 : Sites de déguerpissements et de recasements anciens dans la ville de Yaoundé

À la suite de ces opérations (fig. 3), les lots attribués devraient être construits selon certaines normes qui ne sont généralement pas respectées. De nombreux occupants démunis n’ont cessé de migrer vers la périphérie, parfois conditionnés par la volonté de regroupement ethnique,  le faible coût de terrain, le mode de paiement et les modalités de construction souples. Ces changements de résidence ont donné lieu à la formation de nouveaux quartiers spontanés).

Insuffisances socio-juridiques et laxisme des autorités administratives et municipales

Le processus d’urbanisation mis en œuvre par l’administration territoriale n’a pas suffisamment pris en compte la capacité des populations locales à gérer leur espace. Les autorités administratives ont, involontairement ou non, encouragé l’occupation anarchique des terrains fussent-ils alors non aedificandi. C’est ainsi qu’une « ville faite de constructions non réglementées » ou « ville urbanistiquement  hors – sujet » s’est développée parallèlement et participe à l’expansion de l’agglomération par sa périphérie. Elle est en gros le résultat d’une sub-urbanisation continue de citadins en quête d’un « chez soi ».

Les différents Schémas Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) avaient comme objectifs de résorber l’habitat insalubre, renforcer la voirie, développer les activités industrielles et améliorer le cadre de vie des habitants. Après le processus de validation, ces documents n’ont jamais été approuvés par la tutelle et donc ne revêtent par un caractère public contraignant pour les collectivités en charge de la gestion foncière urbaine. Yaoundé est ainsi géré au plan foncier sans document de référence, livrant l’espace aux transactions de toute nature ne pouvant bénéficier qu’aux nantis. Les pauvres, dans leur quête d’espace vital, ne peuvent s’installer que dans les zones dangereuses pour eux-mêmes et pour la nature à savoir les bas-fonds (élobi) et les versants abrupts.

Le laxisme des autorités administratives et municipales a favorisé l’installation de l’habitat précaire et l’occupation massive des zones interdites de bâti (généralement à haut risque) par les populations, venant pour la plupart du centre urbain. Les mesures ponctuelles prises par les autorités sont contre productives puisqu’à un problème social, les autorités n’y apportent que des solutions politiques et réglementaires.

2. Formes de mise en valeur dégradant

Entre 1956 et 1974, le nombre de constructions implantées selon Bopda (1985) est passé de 11 à 467 à Messa-Carrière, de 26 à 276 à Messa-Doumassi et Messa-Nkoabaa, et de 29 à 607 à Messa-Plateau. Entre 1974 et 1985, Messa-Carrière a enregistré 419 nouvelles cases, soit une augmentation de 90% par rapport à 1974. Le fait saillant est l’occupation spatiale des versants escarpés, à l’image des « favelas » et dont l’exemple le plus expressif est celui des monts Messa qui présentent un étagement des constructions sur les pentes fortes (10 à 35 %) (Photo 1).

Photo 1. Étagement des constructions à Nkoldoue 2

Source : cliché, Ngouanet, 2018

Des profondes transformations causées par l’afflux des « exclus sociaux du centre urbain » dans les zones non aedificandi se traduisent par  plusieurs phénomènes :

            – Le défrichement et la mise en culture des bas-fonds et des espaces non encore bâtis à travers la pratique de l’agriculture vivrière marchande et à ciel ouvert. Les migrants de retour sont en général à cause de leurs conditions de vie somme toute précaire, promoteurs de certaines activités agropastorales dans la proche banlieue de Yaoundé. Il s’agit entre autre, de la culture du maïs, de la pisciculture, de l’apiculture, du vivrier marchand etc. Ces activités modifient le paysage qui jadis était dominé par la forêt et les cacaoyères (Kengne et Sitcheping, 2000).

            – L’exploitation des produits ligneux pour la fabrication du charbon de bois destiné à l’approvisionnement des ménages urbains en énergie domestique.

            – L’exploitation des blocs rocheux pour approvisionner les chantiers en gravier comme au mont Mbankolo, à Ngali et Nkometou au nord de Yaoundé et l’ouverture des zones de lavage de sable dans les bas fonds.

Les stratégies de survie basées sur l’extension et la densification du bâti dans des zones à risques et très fragiles ; l’exploitation des ressources naturelles disponibles et la pratique des activités à rémunération immédiate qu’ils privilégient, présentent de conséquences sociales et environnementales énormes.

3. Conséquences socio-environnementales de l’occupation anarchique de l’espace

Conséquences morpho-hydrologiques

L’intensification du phénomène d’érosion sur les sites collinaires (monts Messa, Mbankolo, Mvog – Bétsi, Akokndoé), résultent de plusieurs facteurs : la pente forte (supérieure à 20%), la destruction du couvert végétal et la pratique de l’agriculture marchande. Le décapage superficiel de hauts versants induit un intense ruissellement qui nourrit les ravinements et occasionne des forages en bas-versant. Cette érosion entraîne  l’appauvrissement des sols, le déchaussement des maisons sur les versants et leur enfoncement dans la vallée aux conséquences multiples.

Les formes les plus récurrentes sont les glissements de terrain et les éboulements surtout sur les talus créés pour les constructions ou la réalisation des voies de desserte. Les glissements de terrain, sont des descentes massives et relativement rapides des matériaux le long d’un versant. Ils impliquent des arrachements suivis des déplacements de masses de terre sur des distances plus ou moins longues. La vitesse et le volume des masses font souvent de certains de ces mouvements, des phénomènes catastrophiques (tab.1).

Tableau 1 : Quelques mouvements de terrain survenus sur le site de Yaoundé au cours des vingt dernières années

Année

Évènement

Quartier

Site

Dégâts

25/08/1986

Déplacement d’un bloc rocheux de 2.5 m rayon sur une distance de 40 m

Mbankolo

Flanc de colline, à 840 m d’altitude et 40° de pente

Des cacaoyers détruits ; valeur estimée : 900 000 FCFA

15/09/1986

Décrochement et déplacement d’un deuxième bloc sur une distance de 20 m

Mbankolo

Flanc de colline, à 840 m d’altitude et 40° de pente

09/10/1988

Glissement de terrain

Mballa IV

Talus de chemin de fer

2 morts et une construction détruite

1990

Glissement de terrain à Oyom- Abang

Oyom- Abang

Flanc de colline habité ; pente 35° en moyenne

Une maison s’écroule sur ses cinq occupants.

1990

Éboulement

Essos

Pente de talus éboulé de 60° en moyenne

 

1998

Éboulement sur un talus à Mvog- Bétsi

Mvog- Bétsi

Talus de 4 m en cours d’excavation pour des besoins de remblaiement du bas fond marécageux

2 personnes ensevelies par la terre

2004

Éboulement à Oyom-Abang

Ayom- Abang

Flanc de colline habité

Un mort et une case détruite

2004

Glissement de terrain

Mendong

Cirque d’érosion profondément entaillé

Une barrière détruite

2008

Éboulement sur un talus à Mimboman

Mimboman

 

2 personnes ensevelies par la terre

Source : Exploitation des enquêtes effectuées par Kana Collins, 2012

Les éboulements et les glissements ont fait de nombreuses victimes en vies humaines. Les écroulements de blocs pour s’être opérés sur une zone non encore habitée à l’époque, n’ont fait que des dégâts matériels. En 1996, 41 blocs de gneiss migmatitique d’au moins 2,5 m de grand axe, 1,7 m de petit axe et 1,5 m d’épaisseur en équilibre instable ont été recensés sur les monts orientaux du massif de Yaoundé (Tchotsoua, 1996). Ils constituent une menace pour les gens qui, par inconscience, par manque de moyens financiers ou par ignorance, sont venus se construire à leur pied. Dans les zones à risques, on assiste dans l’ensemble à une urbanisation sans aménagement adéquat du haut du versant avec des constructions imprudentes réalisées au pied d’un site instable. Malgré la consistance des facteurs physiques (forte pente, l’hétérogénéité et la variation importante du degré de perméabilité suivant les horizons pédologiques, les fortes précipitations, etc.) les facteurs humains (anthropisation et poldérisation des versants et des bas-fonds) sont les principaux responsables des catastrophes les plus spectaculaires (tab.1). La seconde forme la plus dégradante de l’environnement des bas-fonds reste toutefois l’occupation par les constructions (photo 2, 3 et 4).

Source : cliché, Ngouanet, 2018

Photo 2. Les formes d’occupation d’un bas-fond en cours de remblai à Nsimeyong2.

La photo 2 présente une image d’un bas-fond en cours de remblai à Nsimeyong2. Le type de bâti laisse apercevoir le statut des occupants. Ce sont généralement, contrairement aux idées communément admises, des personnes dont la fortune est considérable. Les photos 3 et 4 présentent des constructions qui laissent entrevoir la précarité du milieu et de ses occupants. Les dispositifs de sécurisation contre l’infiltration des eaux sont inopérants à cause de l’engorgement constant des bas-fonds. Une moindre remontée de la nappe phréatique est sujette aux inondations.

 Les tissus anarchiques essentiellement précaires qui investissement les fonds marécageux des vallées, sont à l’origine du rétrécissement du chenal d’écoulement des eaux, rendant les inondations quasi certaines en saison des pluies (photo 3). Les fortifications sommaires en parpaings dressées autour des habitations pour lutter contre les inondations finissent par désorganiser les chenaux d’écoulement d’eau. Faute de réseaux d’assainissement, les eaux usées et les déchets ménagers sont directement déversés dans les eaux ruisselantes. Dans les vallées non aménagées, les constructions s’enfoncent sous leur poids dans les horizons à gley sujets aux tassements. Dans ce contexte, les nappes phréatiques sont superficielles et les sols sont constamment imbibés d’eau en saison de pluies. La profondeur des fosses septiques ou latrines atteint rarement 2 m. Comme conséquence, elles sont régulièrement vidangées lors des fortes pluies et leur contenu transféré dans les cours d’eau. Les plus ingénieux édifient les fosses septiques aux abords des cours d’eau.

Pollutions et risques sanitaires

Les risques sanitaires et les conséquences écologiques des systèmes de production agricole dans ces zones et au-delà sont imputés à une utilisation inappropriée, voire excessive, des intrants agricoles (pesticides, azote, phosphore, matières organiques brutes constituées de résidus indésirables comme de métaux lourds). Par ailleurs, certains édifient les WC aux abords des cours d’eau, en prenant soin de glisser un tuyau de vidange entre le cours d’eau et le fond de la fosse. Les cours d’eau utilisés comme dépotoirs sont des sources de pollution de l’environnement,traduisant de fait la pauvreté urbaine (photo 5 et 6).

Les photos 5 et 6 illustrent l’état des drains. Ils sont colonisés par les excréta et les ordures ménagères. Cette obstruction drains occasionne de nombreuses inondations qui défraient la chronique dans les différents quartiers de Yaoundé en saison pluvieuse.

Les pollutions ambiantes ont pour corollaire l’endémicité des maladies hydriques dans les quartiers populeux et bien d’autres différentes pathologies à cause de la promiscuité dans les sites habités, l’absence d’hygiène individuelle et collective, des pollutions diverses et de l’insalubrité généralisée, car les eaux qui circulent contiennent des graisses, des débris glucidiques et des substances chimiques ainsi que de nombreux micro-organismes indicateurs de contaminations fécales. Les nappes d’eau insalubre et stagnante deviennent des gîtes d’anophèles, vecteurs du paludisme. Les quartiers établis dans les élobi sont les plus exposés (tab.2).

Tableau 2 : Quelques types de pathologies identifiées en fonction des sites

Pathologies ou affections

Pourcentage (%) de pathologies par ménage enquêté
et par type de quartier

Sites de versants et hauts reliefs

Quartiers des Elobi

Paludisme

10,46

16,46

Diarrhées

20,56

55,52

Fièvre typhoïde

4,43

14,80

Dysenterie amibienne

7,10

31,33

Filarioses

8,74

52,78

Helminthiases

24,56

54,44

Schistosomiases

0,83

3,01

Source : Enquête de terrain, 2017

Dégradation du couvert forestier

Le couvert forestier des sites collinaires périphériques présente aujourd’hui trois principaux faciès : des formations ouvertes à recrûs arbustifs denses, des forêts stratifiées à prédominance d’espèces héliophiles et les forêts peu perturbées.

Les formes d’occupation du sol ont été cartographiées à partir du traitement d’une image LANDSAT de 2001. En faisant abstraction des zones couvertes par les nuages, les analyses statistiques automatiques dans un logiciel SIG montrent que 43% de la superficie sont couverts par les cultures et les jachères herbeuses, contre 7% pour l’habitat et 51% pour l’ensemble des faciès forestiers (fig.4). Une analyse diachronique fine a été menée aux moyens des photographies aériennes dans la zone des hauts reliefs du sud-ouest, englobant les monts Mvog-Bétsi, Mbocdoum et Eloumden. En l’espace de 16 ans (de 1974 à 1991), les terres vivrières ont sensiblement augmenté, passant d’à peine 800 à 1 800 hectares, aux dépens des forêts secondaires (fig. 5). Une telle évolution paraît pour le moins surprenante au regard du fort redressement des pentes et des dispositions du SDAU 2000 attribuant à cette zone un statut de protection ou de zone non aedificandi.

Les forêts ouvertes à recrûs arbustifs denses se distinguent sur les photographies aériennes par une structure irrégulière du fait des émergents dont la densité ne dépasse pas cinq individus à l’hectare et qui se recrutent parmi les espèces héliophiles (Ceiba pentandra, Triplochiton scleroxylon) épargnées pendant les défrichements. La strate arbustive plus continue, est formée de Polyscias fulva, Albizia zyguia, Musanga cecropioides et divers arbres fruitiers, souvent ceinturés par des manchons de Chromoleaena odorata. Leurs superficies sont passées de 400 à 200 ha, et soulignent la réduction généralisée du temps de jachère

Les forêts stratifiées à prédominance d’espèces héliophiles présentent une structure assez homogène et une texture grossière. La strate supérieure y est plus continue et montre des houppiers grossièrement arrondis. Les strates inférieures sont tout aussi denses et spécifiquement diversifiées (Triplochiton scleroxylon, Desbordesia oblonga, Canarium schweinfurthii, Celtis sp, Elaeis guineensis. etc.). Leurs superficies diminuent sous l’effet de la mise en culture généralisée et des constructions.

Les forêts peu perturbées ne persistent que sous forme d’îlots sur les flancs escarpés des hauts reliefs à partir de 950 m d’altitude. Protégées des activités humaines par des remparts de pentes, souvent constitués d’affleurements rocheux, elles se caractérisent sur les photographies aériennes par une forte rugosité, du fait de la distribution irrégulière des strates. Celtis sp., Leplae mayombensis, Piptadeniastrum africana, Coelocaryon preussi, Cola sp., sont les espèces caractéristiques.

En somme, le développement spatial de Yaoundé s’effectue de manière si rapide que les actions urbanistiques n’interviennent qu’en rattrapage. La périphérie rurale, prise d’assaut par les « mal lotis » devenus ex-citadins, est progressivement intégrée dans la tâche urbaine et l’on assiste à un climat marqué d’incompréhensions entre les acteurs en matière de contrôle, de distribution, de gestion et de vente des terrains.

4. Réponse des autorités face à l’occupation des zones interdites

La gestion des zones marginales est devenue un véritable « serpent de mer » aussi bien pour les pouvoirs publics que pour les populations. Les catastrophes naturelles et l’insalubrité sont vécues avec indignation et soulèvent le débat sur la responsabilité des uns et des autres. La société civile accuse les pouvoirs publics qui s’illustrent par un laxisme ou un laisser-faire. L’État, quant à lui,  soulève pour se défendre, l’incivisme des populations, particulièrement manifeste en ces années de démocratisation de la vie publique accompagnée de la crise de l’autorité de l’État, hanté le plus souvent par la peur d’un « vote – sanction ».

Toutefois, si les textes sont assez précis pour les zones de bas-fonds qui ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’appropriation selon l’ordonnance de 1974, le flou persiste pour les zones de fortes pentes. Ces dernières peuvent faire l’objet d’appropriation pour la construction, la loi de 2004 sur l’urbanisme évoque le caractère inconstructible des zones à fortes pentes sans donner des indications sur la valeur de ces pentes. Ce flou juridique laisse le soin aux aménageurs urbains d’utiliser les casses des installations anarchiques comme moyen de rattrapage des urbanisations ratées.

5. Accentuation des casses et déguerpissements

A partir des années 2000, les déguerpissements se sont généralisés à Yaoundé. Leur réalisation, sous haute surveillance policière et encadrée par un ensemble de textes favorables aux déguerpissements, présage non seulement des affrontements entre acteurs, mais aussi la difficile trajectoire des déguerpis. En général, l’attitude adoptée par les autorités municipales dans ces zones est plutôt une attitude de dissuasion, ayant pour objectif de décourager l’installation des populations sur ces sites impropres aux constructions. Ainsi, c’est de façon consciente que les différentes mairies et la Communauté Urbaine n’apportent pas de soutien à ces populations en termes d’infrastructures nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Les actions plus volontaristes basées sur les expulsions souffrent bien souvent du manque d’un fondement légal et de légitimité. Dans ce contexte de flou et d’imprécision réglementaire et normative, la planification urbaine devient une équation personnelle pour le gestionnaire de la collectivité. L’histoire récente de la gestion des terrains marginaux à Yaoundé révèle que les interventions volontaristes se sont faites par-à-coups sans instrument de pilotage et de suivi. Ces interventions relèvent moins d’une vision prospective du développement urbain que de la personnalité et du tempérament des différents maires et délégués du gouvernement qui se sont succédés à la tête de la collectivité. A chaque occasion, ces dernières ont procédé à des déguerpissements massifs des populations. La photo 4 montre la situation d’occupation et le secteur ayant subi des démolitions par les autorités administratives sur les flancs du mont Messa-carrière entre 2002 et 2007. La photo 5 présente une scène de démolition spectaculaire  des maisons d’habitation.

Source : Cliché  Hélène Marigoh Bouquet (2009), repris par Tchékoté et Kaffo, (2012)

Photo 5 : Scène de démolition au quartier Ntaba à Yaoundé en 2009.

Dans l’ensemble, les déguerpissements et casses des installations, qu’ils soient anciens ou récents dans le domaine privé de l’État sont légions. Les exemples des quartiers (Etoudi, Mballa II, Tongolo), autour du périmètre de sécurité du Palais Présidentiel et de la zone de la MAGZI à Mvan-Nsam au sud de Yaoundé dans plusieurs endroits de la ville  entre 2007 et 2009 sont illustratifs (fig. 6).

Figure 6 : Sites des déguerpissements récents dans la ville de Yaoundé

6. Tentative de renforcement de la gouvernance locale

L’un des concepts clés dans la construction de la ville durable est aujourd’hui la gouvernance locale qui trouve sa légitimité dans la responsabilisation des populations à assurer leur prise en charge. Si d’une part, la croissance exponentielle de la population urbaine et les besoins multiples qui s’en suivent prennent de court les planificateurs urbains, d’autre part, les actions entreprises par-à-coups en rattrapage d’une urbanisation anarchique sont sensibles et coûteuses pour un pays pauvre et endetté. Si l’enjeu de l’urbanisation est la construction d’un cadre communautaire d’intégration des peuples et d’amélioration des conditions d’existence pour des établissements humains « plus sûrs, plus salubres, plus vivables, plus équitables, plus durables et plus productifs », tel que le stipule la déclaration d’Istanbul sur les établissements humains, il devient nécessaire de refonder la planification urbaine au Cameroun, et à Yaoundé particulièrement sur le triptyque mission – niveau de responsabilité – moyens d’action.

Dans un contexte où les élus locaux pour garder leur électorat, jouent désormais la carte de la prudence, de l’apaisement et du consensus. Le consensus mou est désormais acquis, perpétuant une urbanisation ségrégationniste. Ainsi, « le riche construit là où il veut, et le pauvre là où il peut ». Les nantis occupent les trames géométriques et équipées des espaces centraux, tandis que les pauvres marginalisés s’orientent vers des sites à risques aux dépens de leur sécurité et du couvert végétal. Ainsi vu, on peut envisager de proche en proche un transfert de compétences en matière d’aménagement et de sécurisation du cadre de vie, de la collectivité publique vers les groupes organisés, avec à chaque niveau un cahier de charges bien précis définissant les rôles et les responsabilités. La communauté urbaine, les communes d’arrondissement et les chefferies correspondent à autant d’entités territoriales dans lesquelles ce transfert de compétences peut être envisagé. Les comités d’hygiène et de salubrité constitués au niveau des différentes entités doivent être des outils de mise en œuvre de la gestion décentralisée du cadre de vie des populations dans un esprit de négociation.

III.      DISCUSSION

A la suite des effets des crises multiformes, de l’absence d’une politique d’aménagement urbain et surtout d’une politique de logements sociaux pour les couches défavorisées, les démunis sociaux en majorité des laissés-pour-compte des systèmes scolaires (jeunes diplômés ou non), des désœuvrés et des personnes ayant perdu leur emploi ont pu s’abonner à la débrouillardise afin d’assurer leur gagne-pain quotidien (Kengne Fouodop, 1991), avec environ 97 % respectant rarement les normes d’urbanisme (Kengne et Mabou, 2009).

L’une des questions essentielles au Cameroun et dans la ville de Yaoundé en particulier n’est véritablement pas l’absence des cadres juridiques et d’outils de planification. On a vu un nombre important de ces instruments de développement urbain se mettre en place, sous la responsabilité d’un nombre important et diversifié d’acteurs. Cependant, comme le fait Assongmo (2002), « on ne pratique finalement qu’un urbanisme de circonstance, qui apparaît plutôt comme la juxtaposition quasiment fortuite d’opérations ponctuelles répondant à des intérêts particuliers». On a une création de grands ensembles trop insuffisants et plutôt défavorables aux gagne – petits, ne satisfait que symboliquement les énormes besoins de la masse croissante des citadins et néo-citadins, en quête de nouvelles parcelles ou, de nouveaux logements pour se « caser ». La ville s’est donc développé sur des zones non eadificandi, résultat comme le fait remarqué Bopda (1985) d’une sub-urbanisation continue de citadins en quête d’un « chez soi », avec déjà en 1995 un nombre de près 2 168 maisons habitées et 162 autres en cours de construction dans le seul les bas-fonds de Messa, Assongmo (2002).

 Il va sans dire que malgré le recours au déguerpissement opéré dans le centre-ville de Yaoundé dans le cadre de la politique de restructuration urbaine (Kengne et Mabou, 2009 ; Tchékoté et Kaffo, 2012), la quête du « chez soi » continue même au-delà du noyau urbain d’animer les jeux d’occupation des zones non aedificandi, avec sans doute de nombreuses questions à l’adresse des politiques publiques.

CONCLUSION

Dans le contexte de forte pression démographique, de spéculation, et compte tenu de la donne d’urbanisation ci-dessus évoquée, les populations se sont affranchies localement des contraintes topographiques, rompant avec le déterminisme physique, sans se préoccuper des conséquences sur l’ensemble de l’espace urbanisé. Les répercussions de l’action de l’homme sur l’écosystème urbain se traduisent par des inondations dans les elobi, les glissements de terrain et la chute des blocs rocheux sur les pentes. En somme, la mobilité résidentielle caractérisée par l’occupation de fortes pentes et la « poldérisation » des bas-fonds inondables ont créé d’importants dysfonctionnements écologiques préjudiciables non seulement à l’environnement, mais aussi et surtout aux nombreux citadins qui les habitent. Face au désordre urbain qui prend de plus en plus d’ampleur, le développement de synergies entre les différentes parties prenantes et le transfert des compétences impliquent au préalable que soient clairement balisés les normes urbanistiques, le cadre réglementaire et le zonage opérationnel des espaces urbains.

BIBLIOGRAPHIE

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[1] Caractérisée par l’occupation sans titre foncier, menaces d’expulsion, absence d’assainissement, carence des équipements, faiblesse de l’encadrement social, etc.